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Actualitat (Intervenció als mèdia)
 

Les consultations sur l'Indépendance : réflexion après la tempête

 



 
Carles Castellanos
 
 

Tout le monde coïncide à reconnaître que cette expérience électorale du dimanche 13 décembre 2009 a été un étalage éclatant de mobilisation, aussi bien pour avoir bougé 15.000 volontaires, que pour avoir mobilisé le vote de près de 200.000 personnes et avoir attiré un intérêt vif d’un nombre encore plus grand de personnes.

La presse européenne et internationale a  rendue une ample résonance à ce grand jour électoral, une expérience qui a provoqué la réflexion d’un journal comme Le Monde, en un article éditorial, sur la possibilité aujourd'hui en Europe d'obtenir l'indépendance de manière pacifique et par moyen  de la voie électorale. Une opinion impensable il y a peu de temps.

Qu'est-ce que les consultations ont représenté ?

On a dit beaucoup de choses des consultations. Les répercussions ont été plus grandes que attendu et est pour cela qu'elles ont été considérées comme une sorte de tempête ou secousse démocratique. On les a considéré un exemple de participation politique et aussi de selfdemocracy ("autodémocratie"). Le fait est que ç'a été un exercice de politisation de masses sans précédent. Et c'est dans cet aspect de la politisation qu'il convient d'approfondir.

Il s'agit d'un phénomène de masse car il est évident que les chiffres qui ont été pondérés ces jours  nous parlent clairement d'une présence de l'indépendantisme dans notre pays qui a déjà surpassé le chiffre d’un million de personnes. Il s'agit, donc, d'une force plus importante de ce que beaucoup attendaient et laquelle peut avoir quelques conséquences remarquables si l’on sait l’organiser de manière adéquate.

Du point de vue international on a cassé l'isolation médiatique qui avait été exercée depuis Madrid et on a donné une image nouvelle et ouverte qui a amené plusieurs moyens  à émettre des commentaires favorables au procès d'indépendance.


Il faut reconnaître que tout ça part d’unes certaines bases: des longues années de travail de l'indépendantisme, et l'expansion -avec de nouvelles élaborations politiques et des deux grandes manifestations- autour du discours sur le droit de décider et autour aussi de l'idée de rupture démocratique [1] depuis l'année 2006, et aussi l'effet multiplicateur des mobilisations, ponctuelles mais importantes, comme celle du 7 de mars 2009 dernier à Bruxelles. Il a été, en fait, l'éclat d'un sentiment caché qui se trouvait derrière l'objectif d'indépendance, considérée impossible jusqu'à présent par secteurs très amples du peuple catalan; et qui est devenue les derniers temps par une partie importante du peuple catalan, au-delà des options formulées par quelques partis et politiciens, pas seulement comme désirable mais aussi comme bien possible. Convient aussi de signaler que la signification de cette action consciente, de masses importantes de la population, va au-delà de ce qui pourrait représenter un acte concret, mais entraîne une attitude politique consciente, c'est le résultat de la maturation d'une conviction assumée. Il est indéniable que cette expérience représentera un saut qualitatif dans la conscience indépendantiste d'amples secteurs sociaux.

Comme on a aussi commenté, la situation actuelle signifie déjà la possibilité de faire quelques premiers pas sûrs vers l'hégémonie du mouvement indépendantiste au sein de la société catalane. Une analyse de consultations du 13 décembre devrait nous conduire à constater le fait que l'indépendantisme est passé d'être une force sociopolitique émergente, comme c'était jusqu'au présent, à prendre un lieu central dans la société catalane. La mobilisation que les consultations ont représentée a montré que notre mouvement est assez qualifié pour entreprendre avec force le chemin de son hégémonie sociale et politique.


Devant l'ampleur et la profondeur de ce phénomène, les réactions de l'autonomisme et de l'espagnolisme ont été jusqu'à présent politiquement insignifiantes : qui est-ce qui peut prendre en considération maintenant le manifeste des maires autonomistes du PSOE ? -ils se sont dissous comme un morceau de sucre dans un noeud. Et les commentaires de l'espagnolisme de toute couleur à travers les moyens de communication ont montré aussi la faiblesse pathétique de leurs arguments. L'olympique mépris de l'espagnolisme envers les consultations, qualifiées de manière grossière de "théâtre" ou de "simple propagande", a montré de manière scandaleuse sa faiblesse politique. Le boycottage informatif habituel n'a plus servi de rien. À partir de maintenant, l'espagnolisme ne pourra pas faire d'autre chose que cacher son recul progressif. Il faut seulement que le mouvement n'arrête pas.


Raisons et déraisons d'une dualité

Entre les commentaires nécessaires à faire autour des consultations, il y a la question de leur dualité organisationnelle, le Coordinateur national et le Coordinateur d'Osona, une dualité qui a apparu en  différents moments, d'une manière plus ou moins strident.

Il n'est pas facile d'expliquer les raisons de cette confrontation à cause du fait que les aspects personnels se chevauchent avec les questions politiques, avec la difficulté ajoutée que les formulations politiques n'ont pas été non plus clairement explicitées.

Il semble que l'axe du débat dans ce cas est la question qui traîne au sein des plate-formes indépendantistes, au moins depuis l'année 2008, c'est-à-dire: quel est le rôle que les partis doivent avoir au sein du mouvement pour l'autodétermination qui se déploie ? Nous comprenons, dans ce cas, quand nous parlons de partis, les partis parlementaires actuels.

Au sein du mouvement pour l'autodétermination et l'indépendance actuelle il y a deux positions extrêmes, deux positions, cependant, qu'il ne sont pas exprimés de manière nette dans la confrontation que nous commentons. Ces deux positions extrêmes sont d'une part celle de ces personnes qui considèrent que les partis politiques parlementaires actuels qui ont un lien avec les consultations (concrètement CiU et ERC) sont contraires à l'indépendance (ou ils n'y sont pas voulus prononcer clairement) et donc on voudrait utiliser le mouvement afin de les combattre.

De l’autre extrême il y a les personnes (et groupes) qui considèrent non seulement que ces deux partis sont fondamentaux pour le mouvement, mais aussi que le mouvement doit rester en une position qui ne nuise pas aux intérêts de ces deux partis.

Nous pouvons dire que la position d'Alfons López Tena est approchée à cette dernière formulation [2], tandis que la position de quelques collectifs qui bougent au sein du Coordinateur national sont plutôt dans l'autre position, spécialement ceux qui luttent pour faire surgir du mouvement une alternance électorale nouvelle avec l'ambition d'occuper tout l'espace indépendantiste. Il faut avoir très clair, cependant, que ni le Coordinateur d'Osona ni le Coordinateur national assument pleinement aucune de ces positions extrêmes puisque la position généralement assumée il se fonde en deux considérations :


-Première : Le mouvement doit être autonome des partis (et concrètement de ces deux partis parlementaires, ERC et CiU), de sorte qu'il ne peut pas être en fonction de leurs intérêts ni peut s'y subordonner; même au point qu’on ne doit pas exclure la possibilité que la dynamique du mouvement puisse entraîner des dommages (électoraux ou d'autres) pour les partis qui tiendront des positions réticentes.

-Deuxième : il faut savoir attirer dans les activités et mobilisations du mouvement une partie importante du militantisme de ces partis, secteurs qu’on sait que, en un certain pourcentage, partagent les objectifs et les principes assumés par tout le monde (et parfois avec une fidélité plus grande envers les intérêts collectifs, qu'envers les directions des partis mentionnés).

Les secteurs le plus politisés du mouvement savent qu'il est important de maintenir cet équilibre (entre l'indépendance du mouvement et sa capacité de captage transversal et ample de volontés) et ils ont tissé jusqu'à maintenant les complicités nécessaires pour trouver une ligne d'action ample et cohérente.

Nous avons suggéré, cependant, que étant donné que la dynamique demandera souvent de la prise de décisions qui peuvent entraîner des frictions avec les positions extrêmes sur lesquelles nous avons commenté, il est important que le mouvement se dote d'une structure ample et démocratique qui lui permettra la prise de décisions tout en évitant la polarisation des conflits. C’est la question que nous avons appelée "d'organiser l'unité du mouvement", parce que l'unité ne peut pas être laissée à la simple spontanéité dispersée et il faut prévoir les moyens pour avancer dans ce sens. Le problème n'est pas, donc, comme nous avons dit plusieurs fois faisant référence à cette sorte de conflits, que quelques groupes ou quelques personnes ne se comprennent pas, mais le défaut actuel de référents démocratiques amples et indiscutables qui permettront de marquer le chemin à continuer avec l'autorité qui donne une représentativité bien affermie.

Nous traiterons à nouveau cette question à la fin de l'article quand nous aborderons ce que nous appelons les défis d'avenir.


Les débats collatéraux

Depuis notre point de vue, de la Gauche Indépendantiste, l'expérience des consultations a été aussi très importante parce que cela a suscité un certain nombre de débats principaux qu'ils restaient endormis derrière des activités routinières d'agitation et propagande qui n’étaient pas dues à cause de les exigences de réflexion sur les changements de la réalité politique qui ont eu lieu dernièrement. Les consultations ont modifié la scène en faisant apparaître des nouveaux protagonistes et de différents contenus, en réveillant par conséquent des débats sur de différents sujets importants comme ceux que nous exposons et sur lesquels nous commentons tout de suite après :

  • La question territoriale (Pays Catalans)

C'est une question qui est abordée à deux niveaux différents mais mis en relation. Un niveau très concret est le texte de la consultation qui est mise (ou qui doit être mis) à l'opinion de la population catalane dans de différentes zones du territoire national. L'autre niveau de débat qui a apparu fait référence à la manière de considérer comment il faut articuler l'ensemble du territoire national dans le processus de conquête de l'Indépendance. La résolution de ces questions est complexe, mais nous en avancerons quelques formulations génériques que nous considérons indispensables. Nous commencerons par le niveau le plus général, le fait territorial dans le processus de conquête de l'Indépendance.

Contrairement aux autonomistes, depuis l'indépendantisme conséquent nous défendons que le processus doit approvisionner du premier au dernier moment l'ensemble du territoire, et doit accomplir deux prémisses fondamentales : en premier lieu, n'importe quel territoire où il y aura de la présence de la nation catalane (les Pays Catalans [3]) doit être objet de la revendication du droit d'autodétermination; en deuxième lieu, l'organisation populaire pour l'autodétermination doit être, pendant tout le processus, de domaine national [4].

Par conséquent, depuis nos positions indépendantistes conséquentes nous devons faire pour que les structures organisationnelles qui surgiront des consultations s'étendent partout les Pays Catalans. L'existence d'initiatives déjà ménagées comme la plate-forme de postes élues des Îles en faveur du droit à décider créée le 12 décembre doive aider à avancer dans ce sens. Nous devons avoir clair que nous sommes dans un moment où nous déployons une lutte en faveur de la participation démocratique, que nous construisons, en fait, "la nation politique". Ce principe territorial inclusif de développement du droit d'autodétermination doit être appliqué de manière systématique et rigoureuse.

Quand nous passons aux questions tactiques et plus immédiates les choses se compliquent à cause du fait que, dans le plan  tactique, il faut partir toujours de la conscience politique existante. Dans ce sens il est su que les secteurs promoteurs de la consultation aux Îles peuvent avoir certaines difficultés pour trouver des formulations qui, à partir de l'état de conscience préexistante, resteront proches à celles qui ont été utilisées dans le Principat [5].

À partir de ces considérations générales, nous entrons dans le niveau des appréciations subjectives. Qu'est-ce qui est meilleur "nation catalane" ou "Pays Catalans" ? Ce que conduira à choisir une ou autre expression doit être l'appréciation de l'état de conscience de chaque lieu et de l'efficacité politique de chaque formule.

Les consultations ont, donc, ouvert pour l'ensemble de la Gauche Indépendantiste "la caisse des trônes" de la tactique, dans le sujet que nous touchons et dans d'autres. Elles ont fait réfléchir en fonction de la conscience politique du peuple catalan en chaque lieu et moment concrets, un exercice mental que pour certains secteurs de notre mouvement il peut être difficile. C'est un défi où on montrera la différence entre la conscience politique révolutionnaire et la mentalité de petite chapelle. Le débat est déjà servi. Chaque militant et chaque organisation devront prendre position.

  • Le contenu politique de l'Indépendance

Nous avons aussi vu comment le mot  Indépendance a pris différents contenus, d'accord avec le secteur politique ou social qui l'a utilisé.

Les secteurs capitalistes-libéraux, provenant en général de CDC, comme c'est le cas d'Alfons López Tena -de référence obligée dans ce domaine -, proposent une utopie dans le sens qu'ils voudraient un État indépendant mais sans aucun changement social ni économique (même pas non plus politique en ce qui concerne les forces qu'ils voudraient être dominants). Tout devrait rester égal : avec les mêmes structures politiques, même sans toucher les autorités politiques despotiques (Catalanes) du régime politique actuel et même sans combattre les abus des structures administratives, autonomes ni municipales, surgies du franquisme, lesquelles nous savons que sont des bouillons de culture de toute sorte de clientélisme et corruption.

Nous disons que cette conception est utopique parce que comme on a très bien dit « on peut pas faire une omelette sans casser aucun œuf » et situer le droit politique collectif en un référent national propre sera une rupture qui ne sera pas possible sans une modification profonde des relations de pouvoir. À moins que quelqu'un arrive à pactiser une "semi-indépendance" sous la monarchie bourbonienne, laquelle serait une sorte de réédition de l'autonomie que nous avons subie. Mais ceci ne peut pas empêcher que la Gauche Indépendantiste soit impliquée vraiment dans la lutte par l'autodétermination depuis le premier moment.

C’est pour ça qu'il est très important que la Gauche Indépendantiste soit submergée dans le processus actuel tout en déployant le mouvement populaire de base et partout dans le territoire; et empêchez la destruction des structures organisationnelles surgies de la lutte [6].

La conception de l'indépendance que nous avons comme procès de changement sociopolitique et économique favorable à l'expression démocratique des classes populaires nous amène à travailler pour étendre au sein du peuple catalan l'importance de lutter pour la République Indépendante des Pays Catalans [7]


  • La fonction des élections autonomes

L'autre question importante suscitée par les consultations a été celle des élections autonomes à cause du fait qu'un secteur important des personnes (et collectifs politiques) impliquées dans ce processus confie en une seule pratique politique, la pratique électorale.

Dans ce sens, il convient de préciser qu'une majorité parlementaire au Parlement de la Catalogne permettrait d'obtenir un aval démocratique important qui pourrait favoriser notre processus, mais notre estimation est que cette éventualité doit être vue plutôt comme le résultat d'une évolution que comme un fait préalable. Ces personnes qui mettent tous leurs efforts et leurs illusions en un simple procédé parlementaire se trompent, parce que nous savons que la conquête de l'indépendance est un processus plus complexe. La clé est d'obtenir une masse sociale consciente et organisée, préparée pour une prévisible période, non sanglant mais longue, de confrontation à de différents niveaux.

Pour quelques personnes la seule option possible dans ces moments semble qu'il doit être la formation d'une candidature nouvelle qui ait groupé tout l'éventail de l'indépendantisme et qui joue tout son bagage accumulé jusqu'à présent aux prochaines élections autonomes. Nous, depuis le MDT, considérons que cette proposition est une option précipitée et, en plusieurs aspects, aussi mal envisagé. La participation aux élections autonomes du Principauté est une option bien licite, mais nous considérons que ce n'est pas l'instrument principal ni prioritaire en ces moments. Une candidature générique pour l'indépendance peut recueillir un certain nombre de votes, mais elle n'aidera pas à avancer vers cet objectif ni nous permettra de grouper des forces de manière unificatrice.

Si nous observons avec attention le mouvement de fond qu'il y a eu ces jours, un mouvement qui s'est montré plural et dynamique à la fois, nous verrons que l'instrument le plus adéquat pour accumuler des forces vis-à-vis de notre libération est la construction d'un mouvement basé sur des assemblées qui, comme nous avons dit plusieurs fois ces mois derniers, soit capable de rassembler des forces de caractère très divers, forces qui à cause de leur diversité peuvent même concourir à quelques élections en candidatures séparées, mais unies toutes par une stratégie commune.

Le plus important maintenant, dans le plan de la lutte générale pour l'autodétermination, est l'unité dans l'action et dans les mobilisations, et ceci ne peut pas être réduit à une simple option électorale qui de façon forcée forcera à la conformation d'un secteur de l'indépendantisme même qu'on veuille le présenter comme unificateur. Il faut organiser de manière stable la nation catalane au-delà d'une conjoncture d'élections. Les partis indépendantistes (les existants et ceux qui peuvent être créés) devraient grouper leurs forces et profiter le moment actuel pour pousser une Assemblée par
l'Indépendance des Pays Catalans qui nous permettra de tenir les énergies accumulées par-dessus les différentes options électorales. La tâche est complexe mais l'expérience récente nous montre le chemin: partir de l'unité de base à chaque et à chaque contrée.

C'est ce que nous pensons quant aux alternances électorales qu’on propose à niveau général. Depuis le point de vue de l'Unité Populaire (laquelle, comme on sait, devrait grouper ces secteurs politiques et sociaux favorables à la libération sociale et nationale), il convient encore de faire une autre considération. Au moment actuel, où la base politique pour le déploiement du droit d'autodétermination et la conquête de l'indépendance est configurée, il convient que la Gauche Indépendantiste et l'Unité Populaire aient leur expression politique institutionnelle. Que nous y soyons préparés ou non, si nous ne comptons pas sur une représentation politique de masses, il est très probable que notre présence dans l'ensemble de l'indépendantisme politique réellement existant soit insignifiante. Une candidature dirigée par Joan Laporta ou Joan Carretero laquelle ait un certain poids aux élections autonomes peut entraîner de sérieuses difficultés pour les CUP (Candidatures d’Unité Populaire) en nombreuses municipalités. Nous avons déjà expliqué cette nécessité, mais le sectarisme ou l'indolence ont ajourné la solution de cette question. Une question qui, comme le savant suggérait|disait, « quand même bouge ».

Tous ces débats que nous avons appelés "collatéraux" (comme des "maux non désirés" peut-être par quelques-uns) ont fait secouer la Gauche Indépendantiste et l'ensemble de l'indépendantisme engagé à l'heure actuelle en une dynamique politique imparable.

Maintenant personne ne pourra plus faire de la politique sans réfléchir à fond sur ces questions et sur d'autres qui apparaîtront. L'enfance dorée et innocente de l'indépendantisme, qui permettait des exercices plus ou moins inconscients, c’est déjà fini.

Avec un effort, qu’on pense qu'a été excessif, la plupart de la Gauche Indépendantiste commence à se rendre compte qu'à l'heure actuelle l'hégémonie de l'indépendantisme que nous avons à la rue se trouve sous domaine de la droite et du réformisme plus tacticien et électoraliste. Finalement, la Gauche Indépendantiste a su entrer en accord avec l'ensemble du mouvement réel. Maintenant il faudra travailler. Et de la manière adéquate.

Ç'a été une bonne leçon. Mais il faut que nous l'apprenions bien. Nous sommes à un moment de construction de structures politiques qui doivent nous conduire à l'Indépendance. Il ne s'agit pas seulement d'essayer de nous situer dans ces structures, défendant quelques parties de pouvoir dans les lieux de décision pour notre secte particulière (suivant ainsi la pratique néfaste des partis oficialistes). Maintenant il faut faire de la politique vraiment. Il faut savoir être à la hauteur des circonstances. Il faut construire l'Unité Populaire et l'organisation assembléaire et unitaire pour l'Autodétermination et l'Indépendance.


Les défis d'avenir

Le défi principal à ce moment, à niveau de lutte démocratique pour  l'Autodétermination et l'Indépendance, est le déploiement de l'organisation. Pour cette raison on rend indispensable une organisation solide qui permettra une implantation sociale importante: l'expérience née le 13 septembre à Arenys de Munt et continuée le passé 13 décembre dans 166 villages, bourgs et villes. Il faut organiser la multitude indépendantiste croissante en structures amples, comme par exemple les assemblées démocratiques unitaires pour l'autodétermination, que, avec ce nom ou un autre, sont développées et  peuvent se développer à côté des consultations passées et futures. Comme nous avons visé, une des causes des conflits actuels au sein de l'indépendantisme est qu'il n'y a pas un enracinement organisationnel assez profond qui permette de résoudre les débats. Malheureusement, aucune des forces en présence (plate-formes sociales et partis parlementaires) ne peut exposer dans ces moments un enracinement social suffisant au sein du peuple catalan en mouvement; et sans un référent démocratique ample les conflits n'auront pas une sortie facile.

L'indépendance sera obtenue si l’on mobilise dans la voie de l'autodétermination les deux axes fondamentaux pour la rupture démocratique : l'axe territorial (assemblées démocratiques) et l'axe institutionnel (assemblées de représentants élus).

Au-delà de penser à une simple alternance électorale dans des parlements périclités et avec des partis déjà débordés, il faudra organiser la force des assemblées locales et des assemblées de représentants élus. Cette organisation politique de la nation catalane sur des nouvelles bases unitaires et de participation est ce qui doit nous permettre d'aller au-delà du cadre politique actuel.

Il nous faut de dynamiser un procès de participation qui, en débordant les organisations actuelles (partis et plate-formes diverses), permettra un ample équarrissage en structures d’aspect d’assemblée (suivant le schéma de l'Assemblée de la Catalogne, pour rendre un référent connu). Toutes les personnes mécontentes avec le cadre politique actuel qui aspirent à une véritable démocratie du peuple catalan, affranchi des servitudes d'un passé et d'un présent despotiques, doivent y être entendues identifiées.

Carles Castellanos

Notes

[1] Cette analyse a été formulée et diffusée par la 'MDT dans le document Ara és el moment de la Ruptura Democràtica per la independència, du mois d’octobre de 2004.

[2] López Tena, au sein d’Osona decideix, a imposé une dynamique contraire à l'organisation populaire de telle manière que, de toute l'expérience de ces jours, aucune organisation collective n'en a persisteé ; les partis politiques préexistants en sont seulement restés.

[3] Le débat sur les "zones catalanes" n'a pas fini puisque il existe des zones historiquement hispanòfones ou occitanòfones traditionnels (comme la Plana d'Utiel ou la Fenolleda) avec des liens politiques variables quant à la nation catalane ; mais, en tout cas, ces zones ont aussi du droit, suivant leur réalité, à exercer l'autodétermination afin de décider de leur avenir.

[4] L'organisation promué par Alfons López Tena a été, de manière voulue et consciente. depuis le premier moment limitée aux quatre provinces de la Principauté de la Catalogne.

[5] La formulation la plus répandue au sein du Coordinateur national a été "la nation catalane". À Berga on a utilisé la formule traditionnelle au sein de l'indépendantisme : "Pays Catalans".

[6] Pour cela il faut considérer une erreur grave, comme principe, de promouvoir la destruction des structures locales qu'ont promu les consultations, tel que quelques ont fait secteurs de la Gauche Indépendantiste, plus intéressés à maintenir une conception patrimoniale de l'indépendantisme qu'à faciliter l'organisation du peuple.

[7] Le MDT a exposé, déjà depuis novembre 2007, cette question au détail à l'opuscule . “Cap a la República dels Països Catalans”.

 


 

 

 

 

 

 

 

 



   
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